qu'est ce que le racisme ??? nicolas. b
Le racisme est une idéologie qui postule une hiérarchie entre les êtres humains selon leur origine ethnique, désignée sous le terme de race. Plus généralement, le racisme désigne la croyance que de prétendues propriétés biologiques innées, attribuées à des groupes sociaux, conditionnent inévitablement l'accomplissement culturel et individuel. Le terme racisme peut également désigner une attitude de critique ou d'hostilité systématique envers l'ensemble d'un ou de plusieurs groupes ethniques déterminés. Le racisme peut se traduire par des actes d'hostilité ou de discrimination envers les personnes selon leur origine ethnique, et prendre la forme de xénophobie ou d'ethnocentrisme.
Certaines formes d'expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination dans certains domaines (embauche, service,...), sont considérées comme des délits dans un certain nombre de pays. Les thèses racistes ont servi de support à certaines idéologies politiques pour pratiquer des discriminations sociales, des ségrégations ethniques et commettre des violences, dont des actes de génocide.
Le racisme moderne
Les différents auteurs qui conçoivent le racisme comme une spécificité de la modernité européenne s’accordent pour mettre en avant la conjugaison de deux facteurs dans la genèse de cette nouvelle attitude :
- le développement de la science moderne. Il inaugure un système de perception essentialiste de l’altérité et un système de justification des conduites racistes qui s'appuient sur des théories à prétention scientifique de la race.
- l’expansion européenne qui débute au XVe siècle. Elle entraîne la mise en place d’un système économique et social esclavagiste, et d’une traite négrière à destination des colonies ; parallèlement, elle s'accompagne du développement d’une attitude coloniale à l’égard des populations non européennes qui pénètre progressivement la métropole.
La colonisation et l'esclavage
La question de l’antériorité ou de la postérité du racisme au développement de l’esclavage dans les colonies européennes fait l’objet de nombreux débats. Le consensus s’établit néanmoins au sujet du rôle joué par le développement de l’esclavage sur le durcissement et la diffusion de l’attitude raciale.
Selon l’historien américain Isaac Saney, « les documents historiques attestent de l'absence générale de préjugés raciaux universalisés et de notions de supériorité et d'infériorité raciale avant l'apparition du commerce transatlantique des esclaves. Si les notions d'altérité et de supériorité existaient, elles ne prenaient pas appui sur une vision du monde racialisée ».
Développement de l’esclavage et de la science moderne ont étroitement interagi dans la construction du racisme moderne. La catégorie de « nosopolitique » qualifie chez la philosophe Elsa Dorlin l’usage des catégories de « sain » et de « malsain » par le discours médical appliqué dans un premier temps aux femmes, puis aux esclaves. Alors que le Blanc, considéré comme « naturellement » supérieur par les médecins, est défini comme l’étalon de la santé, le tempérament des Noirs est par contraste déclaré « pathologique » ; il est porteur de maladies spécifiques, que seule la soumission au régime de travail imposé par les colons peut atténuer, mais difficilement guérir, tant elles paraissent intrinsèquement liées à sa nature.
Le racisme dit « scientifique »
Le racisme scientifique s'appuie sur l'hypothèse scientifique erronée du racialisme qui classifie les êtres humains d'après leurs différences morphologiques en application d'une méthode héritée de la zoologie.
Au XVIIIe siècle, le travail de mise en ordre et de classification de la nature aboutit aux premières taxinomies qui, en organisant de manière logique les organismes vivants, opèrent les premières classifications à prétention scientifique des êtres humains.
On retient traditionnellement un article paru en 1684 dans La Revue des Savants comme la première de ces tentatives. L’auteur, le médecin et philosophe François Bernier, se propose à cette occasion de rompre avec la logique géographique qui prévalait jusqu’alors dans l’appréhension des groupes humains. Il avance l’idée que les hommes puissent être classés selon leurs caractéristiques physiques, en distinguant cinq « races » humaines.
La position de Bernier s’inscrit dans un nouveau cadre de pensée, celui de la philosophie antichrétienne dont les premiers représentants, Fontenelle, Pierre Bayle et surtout Pierre Gassendi, dont Bernier est l’un des principaux disciples, apparaissent au XVIIe siècle. Contre la doctrine chrétienne, ce courant de pensée formule le projet de ramener l’Homme au sein de la nature et de lui faire perdre la position privilégiée qu’il occupait au sein de la Création.
La proposition de Bernier, si elle est un indice d’un changement d’attitude vis-à-vis de l’altérité, passe en son temps relativement inaperçue. Il en va tout autrement des systèmes proposés au siècle suivant par Buffon et Carl von Linné, deux des plus illustres représentants de l’histoire naturelle.
Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), qui posa les bases de la systématique moderne, distingue en 1758, dans la dixième édition de son Systema Naturae, quatre « races » hiérarchisées au sommet de l’ordre des « anthropomorpha » (les futurs primates) : les Européens, les Américains, les Asiatiques et les Africains.
Buffon reprend pour sa part à Maupertuis l’idée que le Blanc serait la couleur originelle de l’homme, les autres « races » n’étant que le produit d’une dégénération due à l’éloignement de la zone climatique tempérée. Cette théorie de la dégénération, qui connaît différentes déclinaisons empruntant notamment à la théorie des climats, comptera au rang de ses partisans Johann Friedrich Blumenbach ou le philosophe Emmanuel Kant. Les divergences au sein des dégénérationnistes porteront en particulier sur la question de la réversibilité des différentiations phénotypiques en cas d’immersion prolongée dans le milieu adéquat.
sources: -wikipedia
-google image
-www.racisme.free.fr
-unesco.org

